vendredi 30 janvier 2015

RÉHABILITATION DES ZONES HUMIDES

Vous pouvez aussi écouter ma chronique sur la radio CHOQfm 105.1
http://choqfm.ca/reportage/rehabiliter-les-zones-humides-29-janvier-2015


De nombreuses villes comme Toronto ont été construites sur d’anciens marécages. Au fil des années, le béton et le bitume ont remplacé progressivement ces zones considérées alors comme indésirables. Souvent les zones industrielles qui s’étaient implantées sur ces terrains ont maintenant été déplacées à la périphérie des villes et ont alors laissé la place à des espaces abandonnés, pollués voire dangereux. Seulement ceux-ci se trouvent maintenant à proximité des centres villes et les administrations en charge doivent leur trouver une nouvelle fonction.

Aujourd’hui après de nombreuses études, ces zones retrouvent leurs fonctions d’origines celle d’un marais. Le marais, grâce aux plantes hygrophiles, sert de tampon de protection lors des inondations, à lutter contre l’érosion des berges, à filtrer l’eau du cours d’eau, à récréer la biodiversité du milieu.

En Chine, c’est à Shanghai que le cabinet d’architecture paysagiste Turenscape a créé le parc Houtan sur les bords de la rivière Huangpu. Le parc se situe sur une bande de terre de 14 ha (1,7 km de long sur 30 à 80 m de large). Sur ce site se trouvaient auparavant une usine sidérurgique, un chantier naval et quelques autres entreprises. Abandonné depuis le départ des entreprises, le site était pollué en surface et en profondeur. L’objectif était de transformer cet espace abandonné en un parc accueillant et en lieu éducatif pour les habitants et les visiteurs de l’exposition universelle de 2010 tout en recréant un milieu humide avec toutes ses caractéristiques. Après avoir nettoyé le site, l’architecte a créé plusieurs zones avec des vocations différentes selon la fonction à remplir, la protection lors des inondations, la filtration des eaux, un habitat pour la flore et la faune. Afin de traiter l’eau de la rivière, il a ajouté des cascades et des terrasses afin d’oxygéner l’eau et de créer des éléments de décors pour les visiteurs. Les plantes ont été particulièrement sélectionnées pour absorber les différents polluants pouvant être présent dans l’eau. Sur le site, on a aussi créé une ferme urbaine dans un but éducatif et pour approvisionner en fruits et légumes les quartiers environnants. Le paysage créé dans le parc est très varié avec de nombreux espaces structurés ou non.


A Toronto, c’est le parc Corktown Common qui a été créé à l’embouchure de la rivière Don. Il se situe sur une ancienne friche industrielle ayant accueillie les industries qui ont permis le développement de la ville au début du vingtième siècle. C’est en 2007 qu’Infrastructure Ontario pour Waterfront Toronto commence le travail sur les bords de la rivière Don. Le but est de créer une zone tampon contre les inondations, la rivière pouvant déborder sur plus de 210 ha, ce qui recouvrirait entre autre le quartier financier. Après avoir dépollué le site, on a apporté plus de 400 000 m3 terre provenant des sites où l’on construit des immeubles. L’espace de 8 ha est divisé en deux zones, le parc Corktown Common et la zone de protection contre les inondations. C’est Infrastructure Ontario avec le cabinet d’architecte Michael Van Valkenburgh Associates qui est en charge du développement du parc et c’est le Toronto Region Conservation Area (TRCA) qui est en charge de la création de la zone tampon dans le cadre du projet West Remedial Flood Protection. Le parc offre un point de vue unique sur la ville de Toronto. On y a planté plus de 700 arbres, des arbustes, des plantes aquatiques afin de recréer une biodiversité sur le site. Les bâtiments construits sur le site répondent aux normes de développement durable dont un système gérant les eaux de ruissellement et sont partiellement alimentés en énergie par des panneaux solaires. De nombreuses infrastructures incluant des terrains de jeux, un terrain de sport, des pelouses, des tables, des bancs, des barbecues, des fontaines d’eau potable et autres y ont été installés pour accueillir les habitants et les visiteurs. Une belle idée de balade en famille.

Architecte Michael Van Valkenburgh Associates 

TRCA: West Remedial Flood Protection project
TRCA: Lower Don River - remedial flood protection project

dimanche 25 janvier 2015

DES MAISONS POUR FAIRE FACE À LA MONTÉE DES EAUX

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Le changement climatique est un mécanisme complexe que les scientifiques cherchent encore à comprendre. Ce que nous constatons c’est une multiplication des événements climatiques exceptionnels tels les ouragans, les précipitations importantes, les tempêtes de neige et bien d’autres. C’est aussi une constatation que le niveau des mers et océans monte. Tous ces phénomènes créent chaque année des millions de réfugiés climatiques, ces habitants ayant vu leur terre disparaître en particulier dans les îles du Pacifique. Et ces conséquences s’observent aussi en Amérique du nord comme aux îles de la Madeleine où l’érosion provoquée par l’élévation du niveau de l’océan et l’augmentation des fortes tempêtes dégradent peu à peu le littoral.

Pendant des années, l’attitude des ingénieurs a été de combattre ces phénomènes naturels en bâtissant des ouvrages supposés leurs résister. Cependant, avec la recrudescence de ces phénomènes on constate partout dans le monde les limites de ces ouvrages. Les néerlandais sont parmi les premiers à avoir compris et mis en œuvre des digues dont le but n’est pas de lutter contre mais de s’adapter aux éléments. Ils ont bâti un système complexe piloté par ordinateur gérant les différentes digues construites tout au long de la côte. Elles s’ouvrent ou se ferment en fonction de la marée ou de l’écoulement des rivières. De fait, il va falloir s’adapter à ce nouvel environnement liquide dans de nombreuses régions dans le monde.

L’une des solutions est de construire une maison flottante. Une construction légère capable de flotter que l’on peut déplacer mais destinée à être arrimée à un emplacement déterminé. L’emplacement choisi sera situé dans une zone calme pouvant être une rivière, un lac, une mer ou autre.

Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire, les peuples ont utilisé ce type de construction pour s’adapter à leur environnement. Certains ont bâti des maisons sur pilotis au bord des rivières. D’autres ont construit des maisons flottantes pour être à proximité de leur lieu de pêche comme sur le lac Tonlé Sap au Cambodge. Les néerlandais ont été parmi les premiers à s’être approprié l’espace qu’offraient ces surfaces liquides pour construire des maisons flottantes. Ce sont maintenant de vraies communautés qui se sont créées et permettent ainsi aux villes de se développer dans ce pays où l’eau est omniprésente.

Les architectes aujourd’hui rivalisent d’imagination pour développer des constructions pouvant échapper à la montée des eaux. Le matériau privilégié est le bois mais tout autre matériau léger peut convenir. La plupart des nouvelles maisons sont raccordées aux réseaux d’eau potable, électrique, d’assainissement. Cependant il existe aujourd’hui des maisons pouvant être parfaitement autonomes utilisant des panneaux solaires et des micro-stations d’épuration. Ce sont des constructions où il est agréable de résider et pour beaucoup c’est un réel choix de vie offrant la tranquillité du bord de l’eau.







À Toronto, une vingtaine de maisons ont été construites au début des années 2000 dans la marina de Scarborough. Elles sont raccordées aux réseaux de la ville de Toronto et relève administrativement de la marina.






Les maisons « amphibiennes »

Un autre type de construction commence à se développer, c’est la maison « amphibienne ». C’est une construction située sur un terrain à proximité d’une rivière, lac ou autre pouvant déborder. C’est une construction légère bâtie sur un caisson ou entre quatre piliers fixes sur lesquels elle peut monter ou descendre en fonction du niveau des eaux.




Que ce soit par obligation ou pour adopter un style de vie différent, il semble que la construction de maisons flottantes a un bel avenir.

samedi 17 janvier 2015

LE BORD DU LAC À TORONTO (WATERFRONT TORONTO)

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Comme pour beaucoup de villes, les voies navigables comme le lac Ontario ont joué un rôle primordial dans le développement économique au Canada et particulièrement à Toronto. Le bord du lac a toujours été une zone très active à Toronto et a longtemps été le site de l’activité industrielle. Peu à peu, cette activité s’est déplacée vers les banlieues et a laissé place à une zone abandonnée dont une partie était contaminée par les différents produits chimiques y ayant été entreposés.

C’est en 1999 que la ville en partenariat avec le gouvernement fédéral et provincial décide de créer un groupe de travail afin de faire des recommandations sur l’aménagement du bord du lac dans la perspective des jeux olympiques de 2008 (que Toronto n’a pas obtenu).
En 2001, l’organisation « Toronto Waterfront Revitalization Corporation » est créée et a pour mission de superviser la planification et la mise en œuvre de la revitalisation du bord du lac, de l’embouchure de la rivière Rouge à l’est au parc Marie Curtis à l’ouest. A des fins de simplification, le nom est changé et devient « Waterfront Toronto » en 2007. C’est une organisation indépendante financée par les différents paliers de gouvernement.

La vision de l’organisation est de protéger, améliorer et promouvoir les ressources naturelles, culturelles et patrimoniales, d’établir une identité unique, d’accueillir le public.

Le bord du lac s’étend sur 46  km, aussi pour gérer un territoire si étendu, Waterfront Toronto l'a découpé en plusieurs parties :
  • Central Waterfront
  • East Bayfront
  • West Don Lands
  • Lower Don Lands
  • Port Land
  • The Wider Waterfront
En 2002, le but était de réaménager cet espace laissé à l’abandon. Toronto est une ville qui se développe rapidement et dont les besoins en logements augmentent plus rapidement que l’offre. Aussi la priorité était donnée à la reconstruction d’immeubles, et les premières consultations portaient davantage sur le nombre de logements à construire que sur le nombre d’espaces verts. Cependant, la vision présentée était d’en faire des quartiers agréables à vivre où les habitants pourraient vivre, travailler et se distraire. Sous la pression des participants aux consultations, on a vu les projets évoluer en y incluant davantage d’espaces verts, en limitant la hauteur des immeubles à 20 m près du lac et en créant un espace de promenade au bord du lac pour tous les habitants et personnes visitant la ville.

Depuis les années 2006-2007, le concept de développement durable a pris une place de plus en plus importante dans la revitalisation du bord du lac. Le but est de créer maintenant une communauté durable avec des bâtiments et infrastructures utilisant les dernières technologies environnementales. Ceci signifie que les matériaux utilisés pour la construction certifient des niveaux supérieurs d’efficacité énergétique, des sites de productions d’énergie renouvelable comme des panneaux solaires, des mesures de préservation de l’eau, l’utilisation des eaux grises pour l’irrigation ou les toilettes, un accès facilité au transport public, aux vélos et aux piétons. Tout cela dans un environnement encourageant l’implantation d’espaces verts.

Un exemple, le quartier West Don Land
Le premier projet entrepris dans ce quartier a été de dépolluer la zone près de la rivière Don et de recréer un marais (qui existait autrefois) afin de filtrer les eaux provenant de la rivière. Sur la même zone à été créé le parc Don River qui est un espace vert proposant différentes activités avec des espaces couverts, des terrains de jeux, un jardin floral, un centre communautaire et une exposition d’œuvres d’art.
Le quartier comprend des résidences, des espaces commerciaux et d’affaires, des infrastructures sociales communautaires, une école. Cela en fait un quartier où les habitants peuvent se loger, travailler et se distraire et ainsi limiter leurs déplacements dans la ville.
En août 2015, le quartier va aussi héberger les athlètes pendant les jeux panaméricains et parapanaméricains. Les appartements seront ensuite vendus au public, certains de ces bâtiments seront reconvertis en logements sociaux.

Waterfront Toronto étant une organisation financée par les différents niveaux de gouvernement les projets sont toujours soumis à l’approbation du public. Ainsi le public est régulièrement invité chaque année à plusieurs consultations afin d’évaluer les différents projets, de faire des commentaires et proposer des suggestions. Il est important en tant que citoyen d’assister à ces consultations qui vont avoir un impact sur notre futur environnement. Le bord du lac est un lieu de promenade pour tous les habitants et visiteurs de Toronto et il est important d’en faire un lieu agréable et accueillant.

Toutes les informations sur Waterfront Toronto sont disponibles (en anglais) sur leur site internet à www.waterfrontoronto.ca



lundi 12 janvier 2015

LES JARDINS COMMUNAUTAIRES À TORONTO

Vous pouvez aussi écouter ma chronique sur la radio CHOQfm 105.1
http://choqfm.ca/reportage/les-jardins-communautaires-8-janvier-2015/  


Depuis l’année dernière plus de la moitié de la population mondiale vit en ville et la surface des terres agricoles rétrécit chaque année, d’où la nécessité de trouver d’autres voies pour se procurer la nourriture nécessaire à alimenter l’ensemble de la population mondiale.

Les villes ayant progressivement occupées les surfaces précédemment dévolues à l’agriculture, il est légitime de penser qu’une partie de ses terres pourraient être réaffectée à la culture des fruits et légumes. Il existe actuellement un engouement pour un retour à une vie saine avec la consommation de produits naturels également encouragée par les autorités sanitaires qui recommandent une meilleure hygiène de vie et une consommation accrue de fruits et légumes.

Les espaces disponibles en ville sont nombreux. Il est normal de penser tout d’abord aux parcs qui sont déjà des espaces verts mais nombreuses sont les résidences, entreprises, écoles disposant d’un espace vert dont une partie peut être transformée en jardin.

Les premiers jardins ouvriers ou familiaux sont apparus avec la révolution industrielle au XIXe siècle. On alloue aux ouvriers une parcelle sur un terrain qui leur permet de cultiver des fruits et des légumes afin d’améliorer leur ordinaire et de pratiquer une activité physique.
Les jardins communautaires à la différence des jardins ouvriers sont des espaces partagés. Plusieurs personnes, les habitants d’un quartier, les résidants d’un immeuble, les élèves d’une école vont cultiver un terrain dont ils récolteront les produits qu’ils pourront alors se partager.

Les avantages à contribuer à la création et l’entretien d’un jardin sont nombreux :
- pouvoir récolter en saison, les fruits et légumes aujourd’hui généralement biologiques, en évitant l’utilisation de produits chimiques et préférant l’emploi des vieilles méthodes.
- pratiquer une activité physique régulière qui permet de se maintenir en bonne santé.
- rencontrer les personnes de sa communauté et permettre le renforcement de liens et du sentiment d’appartenance à celle-ci.
- préserver les espaces verts et créer ainsi des surfaces qui protégeront de la chaleur pendant l’été.
- échanger des produits et des techniques et ainsi développer son savoir en matière de jardinage.
- transmettre cette connaissance aux plus jeunes en leur permettant de découvrir la provenance des produits qu’ils consomment tous les jours.
- créer des opportunités de bénévolat pour l’apprentissage d’un nouveau métier.
- permettre l’insertion des personnes moins favorisées.
- permettre aux nouveaux arrivants de s’insérer dans la communauté et d’apprendre la langue.

À Toronto, la municipalité encourage toutes les initiatives dans ce domaine et donne même des conseils sur sa page web « Community Gardens Toronto » (en anglais). 
Community garden Toronto

Si vous habitez dans un quartier et avec quelques voisins vous souhaitez créer un jardin, contactez la division « Park, Forestry and Recreation ». Votre dossier sera étudié et la division pourra mettre à votre disposition un espace dans un parc à proximité de votre quartier. Cependant cette procédure peut-être un peu longue.
Aujourd’hui, il existe déjà à Toronto plus de 50 jardins, aussi il est plus facile de tout simplement rejoindre le groupe entretenant le jardin situé  à proximité de votre domicile. Vous pouvez consulter la liste des jardins sur le site de « Toronto Community Garden Network » Toronto Community Garden Network ou sur le site de la ville Community garden map

Il existe aussi de nombreuses initiatives privées, si vous habitez, dans un immeuble, dans une maison de retraite, dans une coopérative d’habitation avec un espace vert ou un toit pouvant accueillir un jardin, vous pouvez former un groupe et créer votre propre jardin.

Pour les écoles, un partenariat a été établi entre le Toronto District School Board et l’organisation Food Share afin de transformer une partie des espaces verts des écoles en jardin et d’enseigner aux jeunes le jardinage mais aussi bien d’autres choses.

Que vous ayez la main verte ou non, si vous aimez être à l’extérieur, souhaitez rencontrer d’autres personnes, pratiquer une activité physique et manger des produits sains dont vous serez certain de la provenance, rejoignez l’un des jardins communautaires de Toronto.