vendredi 17 avril 2015

LE TÉLÉPHÉRIQUE URBAIN

Vous pouvez aussi écouter ma chronique sur la radio CHOQfm 105.1
http://choqfm.ca/chronique/les-transports-en-commun-aeriens-13-mars-2015-2/



Les villes se densifient et il devient de plus en plus difficile de circuler, spécialement aux heures de pointe. Certaines municipalités ayant épuisé toutes les voies terrestres commencent à exploiter les voies aériennes avec le téléphérique.

Ceux construits pour ce genre de projet, ressemblent à ceux que nous connaissons sur les lieux touristiques et dans les stations de ski. Ce sont les mêmes constructeurs qui les fabriquent. Les cabines peuvent accueillir une dizaine de passagers. Elles sont équipées d’un système de vidéosurveillance, de liaison radio (en cas d’urgence) et d’écrans d’information. Elles peuvent même être équipées d’une climatisation ou d’autres options dans le but de rendre le voyage plus confortable.

Ce moyen de transport offre plusieurs avantages dont voici les trois premiers :

Le premier est son coût trois fois moins élevé qu’un tramway. Le téléphérique est composé de câbles reliant des pylônes à des stations pouvant accueillir les passagers. Il est possible d’installer ces pylônes partout, en particulier dans des zones difficilement accessibles comme en montagne ou au dessus d’une rivière et avec un impact minimum sur l’environnement.

Le deuxième est environnemental avec son faible taux de pollution et d’émission de gaz à effet de serre grâce à ses moteurs électriques il permet de traverser silencieusement des zones denses ou difficiles d’accès en quelques minutes.

Le troisième est économique en permettant de désenclaver certains quartiers auparavant isolés. Les habitants peuvent se rendre plus facilement à leur travail et accéder aux services qu’offre le centre ville. Parallèlement, les quartiers sont plus accessibles pour les services d’urgences, les services sociaux et culturels.

Voici quelques exemples de téléphériques déjà installés dans le monde :

Le métrocable à Medellin en Colombie a ouvert en 2004 et permet de désenclaver un quartier pauvre de la ville. Ce projet s’inscrit dans un projet plus vaste de rénovation et d’amélioration du quartier. La ville a installé près des stations des bibliothèques, des théâtres, des équipements éducatifs et organise régulièrement des événements culturels. L’installation de ce téléphérique a aussi permis d’améliorer l’accès aux soins et de diminuer la criminalité grâce à une intervention policière plus rapide.

Mi telephérico à la Paz en Bolivie, a été inauguré en 2014 avec une première ligne de 2,6 km d’un téléphérique qui sera le plus long au monde avec 10 km de câble reliant la Paz à El Alto avec un dénivelé de 800 m. Ce téléphérique permettra aux habitants de parcourir la distance entre les deux villes en dix minutes au lieu des trente nécessaires aujourd’hui en voiture. Une opportunité aussi pour les touristes visitant la Paz qui pourront se rendre à El Alto en quelques minutes.

The Aerial Tramway à Portland en Oregon permet de relier le quartier situé sur la colline Marquam au quartier sud de la ville en trois minutes. Il permet aux habitants du quartier Marquam d’éviter les rues sinueuses descendant de la colline en toute saison et ainsi de rejoindre leur lieu de travail ou de loisirs en toute sécurité.

Le téléphérique est un nouveau moyen de déplacement en milieu urbain et de nombreux projets sont en cours. Il peut s’adapter à des reliefs difficiles d’accès pour les autres moyens de transport et aujourd’hui aux zones urbaines densément peuplées. Chaque projet est différent et s’inscrit dans un contexte économique et social particulier mais l’exemple de Medellin est une parfaite application de ce que peut apporter la technologie à une population auparavant délaissée.


mercredi 8 avril 2015

CITÉ 2030

Vous pouvez aussi écouter ma chronique sur la radio CHOQfm 105.1

cite2030.eu

Nos villes sont en constante évolution. Un groupe de chercheurs français a imaginé à quoi pourrait ressembler nos villes en 2030. L’étude a porté sur les conséquences associées à la gestion de l’eau, l’énergie et les services urbains. Comment vont évoluer les espaces de vie, les moyens de transport, les loisirs, les objets du quotidien, etc. 4 scenario de ville ont émergé (Planet city, Castle city, Self city, Patchwork city) où les villes se structurent en fonction de leur degré d’autonomie politique et de leur orientation soit économique, soit environnementale.

Ideas Laboratory est un plateau d’innovation regroupant des chercheurs de différents secteurs, centres de recherche, industriels, universités, écoles, PME, collectivités territoriales. Leur but est de réfléchir et de mettre en commun des idées afin d’imaginer le monde de demain. Ils ont imaginé la ville de 2030 autour de deux axes : THEMA (Territoire habitat Energie Mobilité et Autonomie) et PEPS (Plaisir, Épanouissement, Sport et Santé). En utilisant une méthode prospective du CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers), ils ont abouti à quatre scénarios de villes.

Les chercheurs ont analysé la ville selon différentes variables :
  • territoire
  • organisation politique
  • communauté humaine
  • force économique
  • engagement environnemental
  • réseau d’intérêts
  • carrefours de pensée économiques, sociales et culturelles comme des services proposés aux habitants

Les villes proposées se structurent en fonction de cinq thématiques :
  • contexte extérieur
  • la politique appliquée au territoire
  • sa société
  • économie
  • aménagement du territoire

De plus, les chercheurs ont pris en compte des concepts déjà établis comme les mégadonnées, la mutualisation et vie en réseau, la crowd coopér’action (circuits courts, entraide), l’âge de raison (prise de conscience de l’environnement et responsabilisation)

Quatre modèles de ville pour 2030 :

PLANET CITY : la ville s’organise autour d’une convivialité numérique permettant de vivre, de travailler, d’être partout comme chez soi. Tout est accessible à tout moment et les performances environnementales sont remarquables grâce au pilotage intelligent de systèmes centralisés et à la vigilance des habitants.

CASTLE CITY : c’est une ville autonome avec une gestion et une organisation protectrice. La ville est un pôle de compétitivité et les habitants vivent dans une zone urbaine dense. Les particuliers partagent leurs données comme la santé pour améliorer les services et la prévention. Les logements comme les véhicules sont modulables.

PATCHWORK CITY : ville organique et désorganisée où les acteurs privés prennent la place des institutions publiques qui ne peuvent plus assurer certains services. La ville se développe alors entre ceux qui peuvent accéder à ces services privés et ceux qui ont des ressources limitées.

SELF CITY : la vie de village s’organise en petites communautés où prévalent la démocratie participative, la solidarité économique et sociale, le souci de l’environnement et l’économie circulaire.
Les habitants optimisent les ressources locales et renouvelables et veulent consommer moins, mieux et local. La ville est structurée en éco-villages où une place importante est donnée à l’habitat collectif, aux associations et aux espaces publics.

Modes de transport combinés : il est possible de voyager avec son vélo ou même de prendre le train avec une voiture individuelle.

Valorisation des ressources avec le partage des eaux de pluie : utilisation optimum des ressources en eau avec collecte des eaux de pluie et recyclage des eaux grises et noires.

La vie les mains libres : en faisant des courses sans emballages le consommateur fait ses courses sur internet ou dans un magasin affichant les produits sur un mur avec un code. Le consommateur enregistre sa commande et récupère ses produits dans des contenants réutilisables.
Blog de Béa Johnson www.zerowastehome.com

Troc d’énergie : chaque habitant peut produire de l’énergie solaire, éolienne, géothermique ou autre. L’énergie générée est ensuite partagée selon les besoins des habitants. Ceux qui sont déficitaires paient pour l’énergie consommée, ceux qui sont excédentaire reçoivent la monnaie locale ou des bons d’achat.

Le futur sera probablement un mélange de ces différents scénarios. Certaines idées seront mises en œuvre, d’autres seront abandonnées. Les institutions ont aussi leur part de responsabilité en soutenant certaines initiatives ou en autorisant le développement de certains projets.

La mise en œuvre d’un plan d’occupation des sols ou la revalorisation des espaces est importante pour donner une orientation à la ville de demain. L’évolution des technologies et des mentalités auront aussi une grande influence sur le futur de nos villes.