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| Le quartier de la distillerie |
La population augmente et en conséquence les besoins en logement et autres structures est toujours plus pressant. En ville, il est nécessaire de remplacer les anciennes constructions par de nouvelles répondant davantage aux nouvelles normes en matière de sécurité et d’environnement. Aussi, les bâtisseurs réfléchissent à de nouvelles méthodes de démolition et à la manière de réutiliser les matériaux d’origine sur place. Cela les amène à utiliser un nouveau vocabulaire, on ne parle plus de démolition mais de déconstruction.
Aujourd’hui dans la plupart
des chantiers traditionnels, on commence par démolir avec des engins de
chantier. On se retrouve alors avec un tas de gravats à évacuer. Ces matériaux
sont considérés comme des déchets et en conséquence on les envoie à
l’incinérateur ou à l’enfouissement. Ensuite, on reconstruit en utilisant des matériaux
neufs que l’on transporte sur des kilomètres pour reconstruire. La production
de matériaux neufs est coûteuse et le processus de transformation peut-être
long, énergivore et polluant. De plus, il est nécessaire d’aller puiser dans
les ressources existantes les matières premières tel le fer, la chaux pour le
ciment, l’argile ou le bois. Ces ressources s’épuisent et leur exploitation
détruit également des sites environnementaux pouvant être valorisés.
Une nouvelle méthode commence
à se mettre en place, au lieu de démolir, on déconstruit le bâtiment. Cela
signifie que l’on enlève chaque élément et on le trie, on minimise ainsi les
déchets. Ensuite on réutilise dans le nouveau bâtiment une partie des matériaux
du précédent bâtiment, on évite ainsi de puiser dans les ressources existantes.
Par exemple, on peut démonter un mur de briques et les réutiliser dans la
nouvelle construction. On diminue également le volume des déchets.
Le processus de
déconstruction est plus long et plus minutieux donc coûte plus cher. Mais en
contrepartie en utilisant certains des matériaux présents sur le site, on
épargne de l’argent ainsi l’ensemble des projets déjà réalisés démontre un coût
inférieur et on diminue l’émission de gaz à effet de serre, en ne produisant
pas de nouveaux matériaux et en ne les transportant pas. De plus, il est aussi
possible de trier les matériaux potentiellement dangereux tel que l’amiante. La
priorité est aussi à la réutilisation du matériel dans son état d’origine comme
une poutre, une porte, une colonne, une cheminée ou des sols en bois ou
céramique. Cependant il faut s’assurer que ces matériaux sont conformes à la
réglementation en vigueur. Le réemploi des matériaux peut se faire sur site ou
hors site. Au Québec, des entreprises démontent les granges abandonnées pour réutiliser
les planches de bois dans des hôtels ou des maisons contemporaines. A Toronto
nous avons plusieurs exemples dont les plus connus sont the «Old Mill» dont les
pierres du moulin ont servi à construite le nouvel hôtel et la distillerie qui
est devenu un lieu ou se mélange l’ancien et le moderne.
D’un point de vue économique,
le recyclage aide à la création d’emplois locaux dans le secteur de l’économie
sociale et aide au développement de communautés conscientes de leur
environnement. L’idéal serait de construire des bâtiments en prévision de leur
déconstruction comme on le fait aujourd’hui pour les voitures recyclables à
90%.
A Toronto, si vous
entreprenez la rénovation d’une pièce et n’avez pas l’utilisation de matériaux
qui s’y trouve Habitat pour l’humanité accepte les matériaux de construction
pour aider les familles à faible revenu à se bâtir une maison.
