mercredi 18 mai 2016

JARDINER À TORONTO

Vous pouvez aussi écouter ma chronique sur la radio CHOQfm 105.1

http://choqfm.ca/chronique/corinne-baranger-parle-jardinage/


Les beaux jours arrivent enfin, les fleurs sortent de terre et l’on a envie de passer plus de temps à l’extérieur. Pourquoi ne pas envisager de se mettre au jardinage pour joindre l’utile à l’agréable en produisant ses propres fruits et légumes. Débutant ou expérimenté les nombreux ateliers proposés par la ville et des associations vous aideront à démarrer ou à vous perfectionner.

La ville a publié un guide « Getgrowing Toronto » (en anglais) disponible en ligne qui donne de nombreuses informations sur la façon de démarrer votre propre jardin avec entre autre la liste des plantes qu’il est préférable de cultiver à Toronto. La liste est plutôt longue contrairement à ce que l’on pourrait penser. Parmi les légumes on y trouve bien sûr les salades, épinards, radis, pois, rhubarbe, courgettes, poivrons, concombres et bien d’autres.

Si vous êtes débutant, il existe de nombreuses associations qui proposent des cours de jardinage et l’offre s’élargie d’année en année. En voici une liste non exhaustive
Et il en existe même pour les balcons :
Toronto balconies bloom qui vous aidera à faire pousser des légumes et des fleurs sur votre balcon.

Si vous ne disposer pas d’un jardin, vous pouvez rejoindre l’un des jardins communautaires de votre quartier. De nombreuses organisations ont maintenant créé le leur. Vous pouvez d’ailleurs vous faire aider par la ville pour en démarrer votre jardin communautaire. La ville propose aussi une douzaine de jardins familiaux (allotment gardens) dont il est possible de louer une parcelle pour 76.15 $ la saison. Les permis sont mis en vente la première semaine de mai.
L’association cultivate toronto met en relation les personnes qui ont un jardin et souhaitent en mettre une partie à la disposition d’une autre personne pour la cultiver. cultivatetoronto.com

La tendance est aussi de cultiver son jardin en utilisant des méthodes plus naturelles. Dans les ateliers proposés pour apprendre à jardiner, on vous enseigne des méthodes écologiques pour le faire pousser et vous pouvez aussi contacter les différentes associations qui pourrons vous guider dans les techniques et les produits à utiliser. La première recommandation est d’utiliser du compost. Vous pouvez le faire dans votre jardin et pour cela vous procurer un composteur auprès de la mairie capacité environ 300 litres pour un coût de 15 $.
Sinon vous pouvez aussi vous procurer du compost, obtenu avec les déchets collectés chaque semaine par la ville, pendant les journées environnementales communautaires.
Pour rencontrer les jardiniers de la ville qui sont chargés des serres vous pouvez visiter l’une d’entre elles pendant l’événement Doors Open à la fin du mois de mai.

En pleine saison, parfois la production de fruits et de légumes est importante et que l’on ne peut pas tout consommer. Bien sûr, vous pouvez partager avec vos amis et voisins mais pourquoi ne pas rejoindre une cuisine communautaire, il y en a maintenant beaucoup dans la ville. Non seulement vous partagez avec d’autres votre surplus mais vous pouvez apprendre quelques nouvelles recettes et éventuellement vous faire de nouveaux amis. La ville affiche sur son site web une liste des cuisines par quartier. Et pour les personnes possédant des arbres fruitiers il existe l’association Not Far From the Tree qui propose de venir ramasser vos fruits, ceux-ci seront remis aux banques alimentaires et autres programmes alimentaires.

De l’apprentissage à l’utilisation de techniques avancées de jardinage, il est possible à Toronto de trouver toute l’information utile et nécessaire auprès de la ville ou des nombreuses associations. Que vous disposiez ou non d’un jardin, il est possible de s’adonner au jardinage. C’est un passe-temps qui permet de se nourrir sainement tout en pratiquant une activité physique bénéfique au corps et à l’esprit.

lundi 29 février 2016

LA RÉUTILISATION DES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION

Vous pouvez aussi écouter ma chronique sur la radio CHOQfm 105.1

http://choqfm.ca/chronique/materiaux/

Le quartier de la distillerie

La population augmente et en conséquence les besoins en logement et autres structures est toujours plus pressant. En ville, il est nécessaire de remplacer les anciennes constructions par de nouvelles répondant davantage aux nouvelles normes en matière de sécurité et d’environnement. Aussi, les bâtisseurs réfléchissent à de nouvelles méthodes de démolition et à la manière de réutiliser les matériaux d’origine sur place. Cela les amène à utiliser un nouveau vocabulaire, on ne parle plus de démolition mais de déconstruction.

Aujourd’hui dans la plupart des chantiers traditionnels, on commence par démolir avec des engins de chantier. On se retrouve alors avec un tas de gravats à évacuer. Ces matériaux sont considérés comme des déchets et en conséquence on les envoie à l’incinérateur ou à l’enfouissement. Ensuite, on reconstruit en utilisant des matériaux neufs que l’on transporte sur des kilomètres pour reconstruire. La production de matériaux neufs est coûteuse et le processus de transformation peut-être long, énergivore et polluant. De plus, il est nécessaire d’aller puiser dans les ressources existantes les matières premières tel le fer, la chaux pour le ciment, l’argile ou le bois. Ces ressources s’épuisent et leur exploitation détruit également des sites environnementaux pouvant être valorisés.

Une nouvelle méthode commence à se mettre en place, au lieu de démolir, on déconstruit le bâtiment. Cela signifie que l’on enlève chaque élément et on le trie, on minimise ainsi les déchets. Ensuite on réutilise dans le nouveau bâtiment une partie des matériaux du précédent bâtiment, on évite ainsi de puiser dans les ressources existantes. Par exemple, on peut démonter un mur de briques et les réutiliser dans la nouvelle construction. On diminue également le volume des déchets.

Le processus de déconstruction est plus long et plus minutieux donc coûte plus cher. Mais en contrepartie en utilisant certains des matériaux présents sur le site, on épargne de l’argent ainsi l’ensemble des projets déjà réalisés démontre un coût inférieur et on diminue l’émission de gaz à effet de serre, en ne produisant pas de nouveaux matériaux et en ne les transportant pas. De plus, il est aussi possible de trier les matériaux potentiellement dangereux tel que l’amiante. La priorité est aussi à la réutilisation du matériel dans son état d’origine comme une poutre, une porte, une colonne, une cheminée ou des sols en bois ou céramique. Cependant il faut s’assurer que ces matériaux sont conformes à la réglementation en vigueur. Le réemploi des matériaux peut se faire sur site ou hors site. Au Québec, des entreprises démontent les granges abandonnées pour réutiliser les planches de bois dans des hôtels ou des maisons contemporaines. A Toronto nous avons plusieurs exemples dont les plus connus sont the «Old Mill» dont les pierres du moulin ont servi à construite le nouvel hôtel et la distillerie qui est devenu un lieu ou se mélange l’ancien et le moderne.

D’un point de vue économique, le recyclage aide à la création d’emplois locaux dans le secteur de l’économie sociale et aide au développement de communautés conscientes de leur environnement. L’idéal serait de construire des bâtiments en prévision de leur déconstruction comme on le fait aujourd’hui pour les voitures recyclables à 90%.

A Toronto, si vous entreprenez la rénovation d’une pièce et n’avez pas l’utilisation de matériaux qui s’y trouve Habitat pour l’humanité accepte les matériaux de construction pour aider les familles à faible revenu à se bâtir une maison.

samedi 28 novembre 2015

L'ART POUR REVITALISER LES QUARTIERS ABANDONNÉS

Vous pouvez aussi écouter ma chronique sur la radio CHOQfm 105.1

http://choqfm.ca/chronique/levolution-des-quartiers-24-mars/



Un quartier dans une ville est une division administrative ou une partie d’une ville ayant certaines caractéristiques ou une unité selon Larousse. Les quartiers d’une ville évoluent en fonction de nombreux facteurs, l’économie, le niveau de revenu de ses habitants, les structures communautaires et sociales disponibles. Aussi après avoir été nouveaux et à la mode, de nombreux quartiers perdent de leur attractivité au long des années. Un quartier naît, grandit et quelquefois meurt remplacé par une autre structure comme une nouvelle zone commerciale ou un aéroport. Quelques artistes et architectes ont utilisé l'art comme moyen pour les rendre de nouveau attractifs.

Dans les villes, avant l’arrivée de la voiture, un quartier se construisait autour d’une communauté. Les personnes ne pouvant se déplacer qu’à pied, toutes les infrastructures étaient accessibles en marchant quelques centaines de mètres. Puis la voiture est arrivée, permettant de se déplacer sur de plus longues distances. On a donc vu apparaître des quartiers aux fonctions spécifiques comme le quartier administratif, le quartier commercial ou le quartier résidentiel.

De nombreux quartiers résidentiels se sont donc retrouvés isolés et sans infrastructures administratives ou commerciales, et certains quartiers attractifs à leur construction mais non entretenus sont devenus des espaces abandonnés des promoteurs et autres fonctionnaires.  

L’évolution d’un quartier passe aussi par son aspect visuel et l’on peut constater qu’un quartier où les maisons sont peu entretenues, les jardins en friche sera moins attractif qu’un quartier avec de jolies maisons fraîchement repeintes et des jardins fleuris.

Certains architectes et artistes ont réussi grâce à la mise en œuvre de projets artistiques à redonner vie à certains de ces quartiers.

Le quartier «the Badlands» North Philadelphia (USA)
L’artiste Lily Yef a travaillé avec des chefs de gang pour créer des parcs et y organiser des évènements. Ils ont peint les espaces abandonnés en commençant par les trottoirs. Tout ceci afin d’apporter un peu de beauté. Ils ont ainsi créé le «Village of Arts and Humanities».

Mass Moca à North Adams, Massachussetts (USA)
Le quartier a commencé à décliner quand une usine électrique a fermé mettant au chômage de nombreux travailleurs. Le lieu est alors abandonné. Thomas Krens alors directeur du «Williams College Museum of Art» qui recherchait un espace suffisamment grand pour exposer des œuvres monumentales s’y est installé. Ce centre artistique a généré une nouvelle économie autour de l’art et permis de redynamiser le quartier avec le soutien des autorités administratives. On a ainsi créé le Mass Moca, l’un des plus populaires musées d’art contemporain aux États-Unis. Pour accueillir les nouveaux visiteurs, on a reconvertit de vieilles maisons en hôtels.

Factory 798 à Beijing/Pékin dans le district Tongzhoi
Le Sonzhang ou «Song Village» a été créé a partir d’un quartier abandonné, plus de 4000 studios pour artistes ont été créés avec des galeries et des espaces de travail permettant de redonner vie à ce quartier.
www.798district.com/

En europe, l’un des plus beaux exemples est Bilbao avec le musée Guggenheim dessiné par Frank Gehry qui a totalement redynamisé la ville entière.



mardi 10 novembre 2015

RÉNOVATION DES TOURS D’HABITATION DE TORONTO (Tower Renewal Project)

Vous pouvez aussi écouter ma chronique sur la radio CHOQfm 105.1

http://choqfm.ca/chronique/les-tours-dhabitations-de-toronto-font-peau-neuve-19-mars-2015-2/

A Toronto de nombreux résidants vivent en appartement dans des immeubles. Ces tours sont responsables de plus de 20% des gaz à effet de serre émis par la ville. Parmi toutes ces tours, plus de 1000 ont été construites entre les années 1950 et 1970 et ne correspondent plus aux standards en matière d’isolation, de chauffage et de ventilation. C’est pourquoi, en 2008, souhaitant réduire le niveau de ces gaz, le maire de Toronto, David Miller décida de lancer un projet de rénovation des tours d’habitation (Tower Renewal Project).

Il s’est étalé sur trois ans et son but était de recouvrir d’isolant l’extérieur des tours, de remplacer les fenêtres, les toits et les balcons. Ce projet ciblait particulièrement les immeubles des quartiers défavorisés comme Parkdale, St James Town, Jane/Finch.
La ville a donc complété son action en y ajoutant une dimension sociale et communautaire inscrivant ce projet dans un plan plus large incluant le développement des espaces verts, dont certains réservés à l’agriculture urbaine, la création d’espaces commerciaux et une meilleure connexion au système de transport public.

Le projet a été bénéfique :
  • pour l’environnement en permettant la réduction des gaz à effet de serre de 5%.
  • pour ses habitants en réduisant la facture énergétique de 50%
  • pour la communauté, grâce à l’aménagement d’espaces verts et création de jardins communautaires ainsi que l’organisation d’événements sociaux et culturels
  • pour l’économie en créant des emplois locaux, en recrutant localement les ouvriers nécessaires sur les sites et en permettant le développement commercial


Un nouveau plan stratégique a été mis en place en 2011 avec un potentiel de 1200 immeubles à rénover. Les objectifs du plan stratégique sont :
  • un environnement plus propre et plus sain
  • des apports sociaux et culturels afin de bâtir des communautés plus fortes
  • renforcer l’activité économique locale

En 2015, le programme a été restructuré pour renforcer la dimension communautaire et le partenariat avec les propriétaires et les autres intervenants. Pour le gérer la ville a créé l’unité de revitalisation des tours et des quartiers (Tower and Neighbourhood Revitalization Unit).


Le programme STEP permet aux propriétaires d’atteindre leurs objectifs d’optimisation énergétique de leur immeuble en les accompagnant avec un processus par étape pour les différents éléments : l’eau, les ordures, les opérations, la sécurité, la communauté et l’énergie

De nombreux projets peuvent être reliés au projet de rénovation comme l’approvisionnement alimentaire, la prise en charge des nouveaux arrivants et des aînés, la gestion des logements, l’animation de la communauté, la gestion des ordures, etc…

En apportant des services supplémentaires et en améliorant l’environnement et la qualité de vie des habitants tous ces projets permettent de bâtir une communauté où chacun peut trouver sa place et développer des liens avec les autres membres de la communauté et les nombreuses associations partenaires de ces projets.



jeudi 21 mai 2015

PORTES OUVERTES de TORONTO

Vous pouvez aussi écouter ma chronique sur la radio CHOQfm 105.1
http://choqfm.ca/chronique/portes-ouvertes-vu-sous-un-angle-ecologique-8-mai-2015/

Doors Open les 23 et 24 mai 2015

L’événement les portes ouvertes de Toronto est l’opportunité de découvrir de nombreux sites et bâtiments fermés le restant de l’année. C’est plus de 155 sites qui seront accessibles au public.
Pourquoi cette année, ne pas l’aborder sous l’angle du développement durable. Je propose 3 types de sites, les jardins et parcs, les bâtiments ayant la certification LEED et enfin les sites industriels qui vous permettront de découvrir d’où provient l’énergie ou l’eau que nous utilisons à Toronto.

La Ferme communautaire Black Creek
Elle a été inaugurée en 2013 dans la communauté de Jane et Finch à proximité de l’université de York. C’est la plus grande ferme urbaine à Toronto. Elle couvre une superficie d’environ 3 ha (7 acres) C’est un partenariat entre Everdale, Foodshare et Afri-can Food Basket. Elle a pour mission d’éduquer, de former et bien sûr de produire des fruits et légumes. On y cultive toutes sortes de fruits et légumes biologiques en plein champs ou sous serre. On y proposent également plusieurs programmes d’insertion pour travailler ensuite dans le secteur alimentaire.

High Park - Serres de production (Production Greenhouses)
La ville de Toronto gère deux serres qui fournissent l’ensemble des plants qui iront agrémenter les parcs et les jardins de la ville ainsi que les trois conservatoires (Allan Gardens, Cloud Gardens, Centennial Park). Les deux serres couvrent une surface de 65 000 pieds carrés ou plus de 6000 m2. On y pratique la lutte intégrée contre les ravageurs, c’est l’utilisation de toutes les techniques disponibles pour réduire les populations d’organismes nuisibles tout en respectant l’environnement. Cela inclut l’introduction d’insectes, ennemies naturels des nuisibles en lieu et place d’insecticide.

George Brown College, Waterfront Campus, campus du bord du lac
Le bâtiment a été conçu et dessiné par les cabinets Stantec Architecture et KPMB Architects en partenariat. Le collège souhaitait regrouper sur le même site les disciplines suivantes : les soins dentaires, la santé et le bien-être, la gestion des services de santé et les soins infirmiers. Le collège accueille 3 500 étudiants et 500 employés. Un premier espace, vitré sur trois étages propose des commerces, restaurants, cliniques, espace d’agrément et un auditorium. Les deux étages suivants sont dédiés aux salles de classes avec une bibliothèque et des espaces de lecture. Sur le toit, a été aménagé une terrasse avec une pergola et des espaces verts. Le bâtiment est certifié LEED Or et dédié au bien-être des étudiants. Les cliniques accueillent des patients et permettent aux étudiants de s’exercer sous la supervision de professionnels. Un plan environnemental a été mis en place afin de réduire l’empreinte écologique de la structure en utilisant les ressources de la façon la plus responsable possible. Les étudiants sont encouragés à adopter un comportement éco responsable, à profiter des espaces extérieurs et à prendre les escaliers.

Artscape Wychwood Barns
Rénové par les architectes Joe Lobko et Du Toit, le bâtiment est certifié LEED Or et complètement accessible. C’est un ancien centre de réparation de véhicule des TTC reconverti en un hub culturel communautaire qui a ouvert en 2008 où se mêle l’art, la culture, l’agriculture urbaine, l’environnement et d’autres activités communautaires. Une galerie de 7 680 pieds carrés (714 m2) offre un espace pour des expositions, un marché, des conférences et autres événements. Contrairement à un centre communautaire traditionnel Wychwood Barns est autonome et ne nécessite aucun fonds extérieurs pour son fonctionnement. Les locataires paient un loyer raisonnable et contribuent à l’animation de l’espace. Le centre offre de nombreux programmes pour les artistes, les entrepreneurs, les jeunes

La station de pompage d’eau, Rolland Caldwell Harris
Elle a été construite entre 1932 et 1941 et porte le nom de l’un commissaire des travaux publics. Le style architectural du bâtiment est Art Deco abréviation d’arts décoratifs, très populaire dans les années 20 et 30. Il se caractérise par des formes classiques géométriques et des sculptures épurées en opposition à l’art nouveau populaire auparavant. C’est un bâtiment classé en 1992 dans la catégorie génie civil. La station fournie 34 % de l’eau potable consommée à Toronto ce qui représente une moyenne de 400 millions de litres par jour pompés dans le lac.

Le centre d’énergie des Portlands
L’usine est gérée en partenariat par Ontario Power Generation et TransCanada Energy. Elle a été construite en 2006 sur l’une des anciennes zones industrielles de Toronto et a commencé à produire de l’électricité en 2008. L’usine fonctionne avec du gaz naturel qui en produisant de la vapeur fait tourner des turbines qui produisent de l’électricité. Les trois générateurs à vapeur fournissent une puissance de 550 mégawatts ce qui représente 25 % des besoins de la ville de Toronto et alimente 550 000 clients. L’utilisation d’une technologie avancée permet de réduire son impact environnemental. Elle est construite sur un site de 12 ha dont 11 sont aménagés en espace vert abritant plus de 3 000 arbres et arbustes. Des ruches sont même implantées sur le site.


vendredi 17 avril 2015

LE TÉLÉPHÉRIQUE URBAIN

Vous pouvez aussi écouter ma chronique sur la radio CHOQfm 105.1
http://choqfm.ca/chronique/les-transports-en-commun-aeriens-13-mars-2015-2/



Les villes se densifient et il devient de plus en plus difficile de circuler, spécialement aux heures de pointe. Certaines municipalités ayant épuisé toutes les voies terrestres commencent à exploiter les voies aériennes avec le téléphérique.

Ceux construits pour ce genre de projet, ressemblent à ceux que nous connaissons sur les lieux touristiques et dans les stations de ski. Ce sont les mêmes constructeurs qui les fabriquent. Les cabines peuvent accueillir une dizaine de passagers. Elles sont équipées d’un système de vidéosurveillance, de liaison radio (en cas d’urgence) et d’écrans d’information. Elles peuvent même être équipées d’une climatisation ou d’autres options dans le but de rendre le voyage plus confortable.

Ce moyen de transport offre plusieurs avantages dont voici les trois premiers :

Le premier est son coût trois fois moins élevé qu’un tramway. Le téléphérique est composé de câbles reliant des pylônes à des stations pouvant accueillir les passagers. Il est possible d’installer ces pylônes partout, en particulier dans des zones difficilement accessibles comme en montagne ou au dessus d’une rivière et avec un impact minimum sur l’environnement.

Le deuxième est environnemental avec son faible taux de pollution et d’émission de gaz à effet de serre grâce à ses moteurs électriques il permet de traverser silencieusement des zones denses ou difficiles d’accès en quelques minutes.

Le troisième est économique en permettant de désenclaver certains quartiers auparavant isolés. Les habitants peuvent se rendre plus facilement à leur travail et accéder aux services qu’offre le centre ville. Parallèlement, les quartiers sont plus accessibles pour les services d’urgences, les services sociaux et culturels.

Voici quelques exemples de téléphériques déjà installés dans le monde :

Le métrocable à Medellin en Colombie a ouvert en 2004 et permet de désenclaver un quartier pauvre de la ville. Ce projet s’inscrit dans un projet plus vaste de rénovation et d’amélioration du quartier. La ville a installé près des stations des bibliothèques, des théâtres, des équipements éducatifs et organise régulièrement des événements culturels. L’installation de ce téléphérique a aussi permis d’améliorer l’accès aux soins et de diminuer la criminalité grâce à une intervention policière plus rapide.

Mi telephérico à la Paz en Bolivie, a été inauguré en 2014 avec une première ligne de 2,6 km d’un téléphérique qui sera le plus long au monde avec 10 km de câble reliant la Paz à El Alto avec un dénivelé de 800 m. Ce téléphérique permettra aux habitants de parcourir la distance entre les deux villes en dix minutes au lieu des trente nécessaires aujourd’hui en voiture. Une opportunité aussi pour les touristes visitant la Paz qui pourront se rendre à El Alto en quelques minutes.

The Aerial Tramway à Portland en Oregon permet de relier le quartier situé sur la colline Marquam au quartier sud de la ville en trois minutes. Il permet aux habitants du quartier Marquam d’éviter les rues sinueuses descendant de la colline en toute saison et ainsi de rejoindre leur lieu de travail ou de loisirs en toute sécurité.

Le téléphérique est un nouveau moyen de déplacement en milieu urbain et de nombreux projets sont en cours. Il peut s’adapter à des reliefs difficiles d’accès pour les autres moyens de transport et aujourd’hui aux zones urbaines densément peuplées. Chaque projet est différent et s’inscrit dans un contexte économique et social particulier mais l’exemple de Medellin est une parfaite application de ce que peut apporter la technologie à une population auparavant délaissée.


mercredi 8 avril 2015

CITÉ 2030

Vous pouvez aussi écouter ma chronique sur la radio CHOQfm 105.1

cite2030.eu

Nos villes sont en constante évolution. Un groupe de chercheurs français a imaginé à quoi pourrait ressembler nos villes en 2030. L’étude a porté sur les conséquences associées à la gestion de l’eau, l’énergie et les services urbains. Comment vont évoluer les espaces de vie, les moyens de transport, les loisirs, les objets du quotidien, etc. 4 scenario de ville ont émergé (Planet city, Castle city, Self city, Patchwork city) où les villes se structurent en fonction de leur degré d’autonomie politique et de leur orientation soit économique, soit environnementale.

Ideas Laboratory est un plateau d’innovation regroupant des chercheurs de différents secteurs, centres de recherche, industriels, universités, écoles, PME, collectivités territoriales. Leur but est de réfléchir et de mettre en commun des idées afin d’imaginer le monde de demain. Ils ont imaginé la ville de 2030 autour de deux axes : THEMA (Territoire habitat Energie Mobilité et Autonomie) et PEPS (Plaisir, Épanouissement, Sport et Santé). En utilisant une méthode prospective du CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers), ils ont abouti à quatre scénarios de villes.

Les chercheurs ont analysé la ville selon différentes variables :
  • territoire
  • organisation politique
  • communauté humaine
  • force économique
  • engagement environnemental
  • réseau d’intérêts
  • carrefours de pensée économiques, sociales et culturelles comme des services proposés aux habitants

Les villes proposées se structurent en fonction de cinq thématiques :
  • contexte extérieur
  • la politique appliquée au territoire
  • sa société
  • économie
  • aménagement du territoire

De plus, les chercheurs ont pris en compte des concepts déjà établis comme les mégadonnées, la mutualisation et vie en réseau, la crowd coopér’action (circuits courts, entraide), l’âge de raison (prise de conscience de l’environnement et responsabilisation)

Quatre modèles de ville pour 2030 :

PLANET CITY : la ville s’organise autour d’une convivialité numérique permettant de vivre, de travailler, d’être partout comme chez soi. Tout est accessible à tout moment et les performances environnementales sont remarquables grâce au pilotage intelligent de systèmes centralisés et à la vigilance des habitants.

CASTLE CITY : c’est une ville autonome avec une gestion et une organisation protectrice. La ville est un pôle de compétitivité et les habitants vivent dans une zone urbaine dense. Les particuliers partagent leurs données comme la santé pour améliorer les services et la prévention. Les logements comme les véhicules sont modulables.

PATCHWORK CITY : ville organique et désorganisée où les acteurs privés prennent la place des institutions publiques qui ne peuvent plus assurer certains services. La ville se développe alors entre ceux qui peuvent accéder à ces services privés et ceux qui ont des ressources limitées.

SELF CITY : la vie de village s’organise en petites communautés où prévalent la démocratie participative, la solidarité économique et sociale, le souci de l’environnement et l’économie circulaire.
Les habitants optimisent les ressources locales et renouvelables et veulent consommer moins, mieux et local. La ville est structurée en éco-villages où une place importante est donnée à l’habitat collectif, aux associations et aux espaces publics.

Modes de transport combinés : il est possible de voyager avec son vélo ou même de prendre le train avec une voiture individuelle.

Valorisation des ressources avec le partage des eaux de pluie : utilisation optimum des ressources en eau avec collecte des eaux de pluie et recyclage des eaux grises et noires.

La vie les mains libres : en faisant des courses sans emballages le consommateur fait ses courses sur internet ou dans un magasin affichant les produits sur un mur avec un code. Le consommateur enregistre sa commande et récupère ses produits dans des contenants réutilisables.
Blog de Béa Johnson www.zerowastehome.com

Troc d’énergie : chaque habitant peut produire de l’énergie solaire, éolienne, géothermique ou autre. L’énergie générée est ensuite partagée selon les besoins des habitants. Ceux qui sont déficitaires paient pour l’énergie consommée, ceux qui sont excédentaire reçoivent la monnaie locale ou des bons d’achat.

Le futur sera probablement un mélange de ces différents scénarios. Certaines idées seront mises en œuvre, d’autres seront abandonnées. Les institutions ont aussi leur part de responsabilité en soutenant certaines initiatives ou en autorisant le développement de certains projets.

La mise en œuvre d’un plan d’occupation des sols ou la revalorisation des espaces est importante pour donner une orientation à la ville de demain. L’évolution des technologies et des mentalités auront aussi une grande influence sur le futur de nos villes.